samedi 13 janvier 2018

femme a poils!



Sujet un peu délicat et tabou aujourd'hui. Et en même temps sujet qui a longtemps été pour moi complexes et blessures.

Je suis une femme, et j'étais une enfant poilue. Ca arrive c'est comme ça. A 6 ou 8 ans j'avais des cheveux au bras, des poils sur la tête, la vie est parfois cruelle.
Je n'ai pas tenue les comptes, j'ai arrêté, mais j'ai entendu tellement de fois: " t'es poilue" " oh le singe" " bahhhh c'est moche" " t'es plus poilue qu'un homme" ... les enfants, c'est cruel , et violent souvent.

Je ne vous dirais pas non plus combien de fois j'ai pleuré a cause de ces remarques, de ces regards. C'est devenu  un complexe, une blessure a part entière.

Au collège, j'en ai parlé a ma maman, et donc j'ai commencé a décolorer mes poils de bras, comme si les autres avait raison, et que c'était moche, dégouttant, et moi aussi par la même occasion.
Et puis doucement est venue l'épilation, ou la dépilation , des jambes, des aisselles et au lycée du maillot.

Geste qui me semblait normal, et me permettais de me sentir belle. Jolie et acceptable au regard des autres, choses que la Ophélie enfant et poilue n'était pas.

Pourtant tout cela était souffrance, je vous parle pas de la douleur de la bande de cire que l'on retire en faisant un décompte et en grimaçant. Mais les irritations de la peau, les sécheresses, les démangeaisons. Un calvaire qui me semblait nécessaire d'endurer pour être à l'abris des "agressions" des autres. ( le terme agression peut vous paraître un peu fort, mais comme je vous l'ai dis, pour moi c'est une vraie blessure).

J'avais donc pris le chemin de l'auto agression , pour éviter le regard des autres. Et ça a été comme ça longtemps. A ne plus supporter la repousse, un combat contre mon corps a tout instant.
Bientôt je vous parlerais des autres guerres que j'ai mené contre moi même.... Mais là ce n'est pas le sujet.

Et puis récemment , arrivé au bout du bout, j'en ai eu marre. Marre des cicatrices que laisse le rasoir tel des scarifications, marre des sécheresses de la peau, des brûlures de la cire, des repousses, des soirées gâchées a scruter ces poils.
Marre de ne pas m'aimer comme je suis. Alors j'ai posé les armes. Et pourtant j'ai tenté beaucoup de méthode, des plus douces au plus radicales... Mais c'était trop. Dans mon envie d'amour pour moi, il fallait que je me pose les vraies questions.

Pourquoi je m'épile? Est ce que je m'aime ainsi? Pourquoi je complexe? Dois je vraiment le faire? Et pour qui je le fais?

Et finalement j'ai compris qu'a aucun moment c'était pour moi que je le faisais. Que je m'imposer cela pour éviter le jugement des autres.

Alors pour le moment, c'est facile d'assumer, on est en hiver, personne ne vois mes poils. Mais moi chaque soir , seule devant mon miroir j'apprends doucement a aimer mon corps , et a être douce avec moi même. C'est pas évidement après toutes ces années de guerre. Mais plus les poils repoussent, plus j'apprend a être indulgente avec moi.

Aussi pour rebondir sur mon article sur la féminité, étrangement, le retour de mes poils, m'aide a me sentir femme. J'ai jamais vraiment eu le corps de femme que nous avons toutes naturellement de base. J'ai par l'épilation ralentie le temps, restant une éternelle enfant.

Et vous, avez vous tentez l'expérience, est ce aussi un complexe? Comment vous aimez vous, et pourquoi? 

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