dimanche 14 janvier 2018

l'hypersensibilité, quand gérer ses émotions est un combat et source de troubles.




Encore un sujet que j'avais envie de partager, et dont j'ai envie de me libérer. Je préviens, ça risque d'être brouillon et je vais surtout parler de moi, de ma façon de vivre se que l'on nomme hypersensibilité. Je Ne connais que mon expérience, je ne vais donc pas parler de tout les signes les causes ou les symptômes de l'hypersensibilité.

Je suis née hypersensible. Dès mon plus jeune âge je sentais les émotions de façon très intense. Les séparations, les changements de rythme, de routine, les joies et les pleures étaient très vifs.
Dès l'enfance j'ai commencé à avoir du stress , des angoisses. A en vomir , a m'en couper l'appétit. A me rendre malade. Et à cela , certains adultes, dont une nounou ( gentille mais pas vraiment compréhensive) disaient de moi que j'étais "une comédienne", que " j’exagérais"... A côté , mon petit frère était un enfant plus serein. Plus facile bien que turbulent. Mais normal.

Dès la maternelle et même avant, je me rongeais les ongles de stress et de nervosité.Etre séparer de mes parents était un déchirement. Pourtant j'étais sage, et bonne élève.

Je me souviens des vacances scolaires au centre aérer, une monitrice avait fait remarquer à mes parents que je faisais toujours les activités manuelles. Et oui les enfants turbulents ça me stressais. Les jeux collectifs , très peu pour moi. Je suis un être sociable, mais malheureusement les cris , les bousculades, les rires, les moqueries, très peu pour moi.
Et j'avais la manie de vouloir être amie qu'avec les enfants dont les autres se moquaient. Ce qui me donnait d'affreux maux de ventres. Encore aujourd'hui quand je re pense a une petite fille du centre aéré avec qui j'avais sympathisé qui avait renversé son plat au midi et dont tout le monde avait rigolé, j'ai les larmes qui me vienne et cet affreux mal de ventre et revient.

En primaire , nous avons déménagé ma famille et moi. Et ça parce que mes parents attendaient un heureux événement.
Le déménagement avait de bon côté, j'allais être grande soeur une seconde fois, et puis on allait enfin vivre dans une maison, avec un petit jardin. Et en même temps cela voulait aussi dire, changer d'école, changer d'amie, changer d'air, changer de tout.
Je me suis trouvé à dormir dans une chambre immense, effrayante la nuit, et génial le jour pour danser comme bon me semblait.

La nouvelle école m'a semblé très étrange. J'étais avec mon frère devenue la curiosité du coin. Les enfants m'aimaient bien, et je me suis faites des amies rapidement. J'ai commencé à manger de plus en plus...

Au collège les enfants étaient moins sympathiques, et puis les hormones s'en sont mélées. Entre les règles, le corps qui change, les chagrins d'amours, les chagrins d'amitiés, et les injustices... Mon ventre a re commencé a me faire terriblement souffrir.
A cette époque la j'ai commencé à vouloir être comme les autres. A ne plus pleurer pour un rien, a être jolie, et aimée.
Pour éviter les pleures j'avais la nourriture. Et la dance, et le dessin.Et surtout ma bulle.
Buller , c'était une chose que je faisais, tout le temps, sans cesse, surtout avant de dormir ou lors de trop gros stress.

Et puis la nourriture. Le chocolat, les bonbons, le fromage fondu... Ca me détendait. M'apaisait.
Et ça calmait mon mal de ventre.

Au collège , là encore mes amies étaient pas les plus populaires, pas vraiment. Mais les plus gentils, les moins jugeant. Mais souvent victime de ces jugements. Trop grosse, trop sensible, trop bizarre... Bref des personnes normale pour moi et surtout pas source de stress. Même si je les ai vue triste, et pleurer bon nombre de fois. Ce qui me donnait mal au ventre et me rendait triste.
J'ai compris que plus tard que j'étais une éponge. Je sens la douleur des autres aussi intensément que ma propre douleur.
Comme si la mienne n'était pas déjà suffisante!

Le lycée les choses se sont empirées. Je suis allée en internat. Loin de ma famille. Enfin juste d'une vingtaine de kilomètre mais à 14 -15 ans c'était un drame. Une déchirure énorme. Un abandon tout les lundi matin avec ce même rituel prendre le train. Et donc en plus le stress de le raté ce fichu train. Et en même temps cet internat , c'était mon choix, c'était pour faire des études d'arts. Donc un déchirement là encore entre ma passion, mon envie, et l'horreur d'être loin de mes proches, loin de mes habitudes.

C'est là que pour gérer mes émotions que je n'identifiait pas justement, j'ai commencé à développer des troubles. Un trouble en particulier: la boulimie. ( si ça vous intéresse , je vous en parlerais plus longuement) Absorber, vomir, absorber, re vomir... C'était le même principe que absorbé, pleurer, mais en plus caché, en plus vicieux. Et je pensais bêtement que ça allait m’assommer assez pour ne plus avoir de stress, d'angoisse , de tristesse, de pleurs...

Mais non, ça n'arrangeais pas le truc. Et plus je voulais arrêter de ressentir des émotions, plus elles étaient intenses, et plus je les noyais dans la nourriture, et plus j'évacuais en vomissant.

Inutile de vous dire que l'alcool n'a pas était mieux que la bouffe. Et que pire ça faisait ressortir le truc encore plus fort.

a 16 ans j'étais épuisée, le corps complètement foutue, j'étais la reine des illusions, du " tout va bien, je vais bien". Et surtout je craquais pour rien.
Un mot gentil , des pleurs. De la fatigue, des pleurs. De la peur, des pleurs....
Et puis toutes les mutilations qui vont avec: ronger mes ongles, m'arracher les cheveux, me gratter au sang, me mordre, ma boulimie....

J'ai pleuré en passant mon bac, j'ai pleuré au permis, j'ai pleuré quand j'ai rencontré l'amour de ma vie... J'ai pleuré souvent. Et pas suffisamment pour soulager mon ventre, et pour sortir toutes les émotions ressentie a chaque minutes , à chaque moment, à chaque instant.

A trop vouloir les taire, j'ai oublié de les comprendre, de les écouter. De les entendre.


Mon hypersensibilité n'est pas que dans les pleurs. Elle est dans bien d'autres aspect de ma vie. Je suis sensible au bruit. Un rien peut me réveiller, et en même temps le tic tac du réveil me calme et m'apaise.
Je suis sensible à la lumière.
J'ai une très bonne vue, les jeux de différences, et les " où est Charlie " sont des jeux d'enfants pour moi. Et j'ai une grande sensibilité aux couleurs. Un atout dans mon ancien métier de styliste.
J'ai mon corps qui m'est parfois insupportable, qui me démange à me gratter a sang. J'ai le corps pleins de cicatrice d'ailleurs. Ma peau est hypersensible. Un frottement, une griffure et ma peau réagi vivement. Comme si j'avais mis ma main au feu.
La barbe de mon homme me brûle le visage lors de ses baisés enflammé.

C'est gênant pour moi, mais pour lui également. Car mon hypersensibilité, il l'endure autant que moi. Chaque mots, chaque bisous, chaque geste, chaque attitude, chaque situation peut être terrible pour moi, et donc pour lui aussi.
D'ailleurs mon amour est lui même un hypersensible. A sa façon propre a lui même. Et avec maladresse ont peu chacun tuer l'autre. Ca semble fort , ça semble trop. Mais c'est une réalité.
On vit tellement les choses avec intensité que ça peut être trop fort, pour le vivre.

J'ai fini par prendre des anti dépresseurs, ça m'a aider un temps. Mais ce qui m'aide le plus et qui fait que depuis 1 an et demi maintenant je vais" mieux". C'est que j'ai compris plus ou moins mon mode de fonctionnement. Et je ne lutte plus. Si j'ai envie de pleurer au travail je le ferais. Parce que c'est comme ça que j'évacue le trop plein. Je commence aussi à mettre des mots sur ce que je ressens, même si c'est difficile de faire le point , tant d'émotions me traversent d'un coup.
Méditer m'aide aussi , je gère un peu mieux les angoisses.

Mais je pense qu'apprendre à m'aimer et me respecter telle que je suis, aussi sensible que je suis c'est là la clé du bien être. Accepter que je ne peux pas être tout le temps heureuse, accepter que je suis angoissée, stressée, et une éponge à émotion.

Je sais que j'ai encore du mal a sortir de chez moi, ça me stress parce que les gens sont stresser et moi comme je suis une éponge ça me rend nerveuse.
J'ai encore du mal a aller dans ma famille et de réellement profiter. Je suis encore souvent dans l'angoisse du départ et du déchirement de la séparation. Mais je me sens plus en accord avec moi depuis que je met des mots dessus.

Y a t'il aussi des hypersensibles parmis vous? Racontez moi!






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