jeudi 10 mai 2018

de l'angoisse au TCA, mon témoignage


Ca fait un moment que je pense a faire cet article... et que je repousse. J’écris, j'efface... Je pleure, je stress, je me sens prête , et puis plus du tout... 
Encore maintenant j'écris sans savoir si je vais enfin appuyer sur le bouton " publier". 

C'est pas simple de mettre des mots sur des maux. Surtout ceux là... Pas facile d'expliquer l'inexplicable. De sortir la chose que l'on essaie d'enfouir, de cacher, de nier... 
Pas simple quand nous même on ne sait pas pourquoi, comment. 

Je vais essayer, ça sera très brouillon. Mais ça sera ce que c'est réellement, pas construit, pas clair, pas logique. 

Je ne serais plus vraiment dire quand cela à commencé. Mais déjà enfant j'étais une fillette angoissée. Et quand un trop grand stress était présent en moi, automatiquement mon corps comme pour se soulager, se tordait de douleur jusqu'au vomissement. Je pense que c'est comme ça que c'est venu... progressivement, partant d'un aspect naturelle de protection de mon corps, a quelque chose de compulsif, " maitrisé" , et destructeur. 

Je me souviens encore des nausées quand je devais me séparer de ma mère pour aller chez la nounou, une nounou qui était pas ma nounou habituelle. Stress, angoisse, boule au ventre, tristesse, peur, nausées, gargouillis, boule dans la gorge, larmes retenu, et puis vomissement, soulagement... et fatigue anesthésiante. 

J'ai " toujours" eu l'estomac fragile, j'avais facilement des gastros plus jeune. Même bébé parait il , j'avais souvent de fortes régurgitations. Vomir est un peu une seconde nature. 

Arrivée la fin du collège, ce qui était un simple réflexe naturel de mon corps, est devenu un peu plus, une sorte d’exécutoire. Une façon de me libérer de mes angoisses. Avec le début de la 3ème, le brevet, le choix d’orientation, la peur de ne pas y arriver, la peur d'y arriver... et venu doucement, perfidement , l'envie de soulager ce stress en trop. Et c'est a ce moment là que pour la première fois j'ai vomis. J'ai provoqué de moi même ce rejet. 
Quel soulagement d’éprouver cette fatigue, cet hébétement ou on ressent plus rien sauf la fatigue... 

Après la 3ème et mon brevet réussi, j'ai intégré un internat, pour faire des études qui me plaisaient. 
Mais qui m'angoissait. J'étais pas au niveau des autres ( une réalité ou juste un ressenti? Je ne sais pas) , je me sentais loin de ma famille, j'avais le stress permanent d'être en retard pour le train pour arriver a l'heure au cours du lundi, pareil le vendredi la peur de rater le train pour aller chez moi. C'est là que c'est vraiment installer ma boulimie vomitive. A l'internat. J'avais 15ans, 16 ans. 
C'était pas vraiment une histoire d'apparences, j'étais ni grosse , ni mince. Même si c'est vrai que je me suis toujours sentie en décalage avec mon corps de femme et mon esprit de petite fille. ( si bien que maintenant j'ai "ralenti" ma féminité au point d'être a l'inverse une femme coincée dans un corps de petite fille) 

Le cercle infernal c'est installé. L'angoisse venait, la boule au ventre, l'envie de pleurer de crier, et puis les vomissements forcés, avec le " bien être" qui arrivait ensuite. ce calme après la tempête émotive. 
Mais ensuite le vide , le gouffre était trop grand, trop présent. Rien dans le ventre, rien dans la tête, plus de ressenti, une trop grande anesthésie.. Alors pour combler, pour se remplir, se sentir a nouveau, j'ai mangé. Mangé sans écouter les limites, mangé a me rendre balourde, trop lourde, trop là, trop ... Et a sentir a nouveau la vie, l'angoisse, mon corps, ma tête, le stress, les autres autours, c'étais trop... Alors a nouveau je me suis faite vomir, pour retourner dans le silence de mon corps, le silence de la fatigue, la légèreté de l'esprit... 
Ce cercle infernal c'est inscrit en moi. C'était devenu la seule solution, la seule réponse. 
Ca a durer... longtemps... trop longtemps.

Maintenant je vais mieux. Même si les vomissements ne font plus partis de mon rythme de vie, ils sont encore présents, autrement. Trop de stress , d'angoisse, je "vomis " - rejette beaucoup de chose.

En parler est encore difficile , le sentiment de honte , et puis , l’anesthésie et le dénie masque encore beaucoup de chose.
Aujourd'hui je comprends mieux mes mécanismes , encore maintenant, trop de stress et les nausées sont là, trop d'émotions et l'envie de tout éjecter est là, trop de fatigue et l'envie de vie est là...
Mais je reconnais les signes, et je commence à devenir mature au niveau de ma gestion des émotions.
Je suis dans la bonne voie.

Je ne me relis pas, par peur de tout effacer, j'ai claquer les mots ici comme ils sont venus. Mon dernier " vomi" pour aller mieux et me libéré.
Un jour je me relirais, j'assumerais ce passé, sans me sentir sale et bête. Ce jour n'est pas encore là, mais il viendra. J'y travail. 

Mon témoignage ne fais peut être pas échos aux autres personnes souffrant ou ayant souffert de la boulimie vomitive. Ou peut être que si.
Les TCA ne sont pas forcement toujours liée à un idéal de minceur- maigreur, ça cache aussi un vrai mal être, une immaturité dans la gestion des émotions, une non connaissance de soit , et une façon de ne pas se confronter a soit.

Je ne sais pas vraiment comment finir cet article, mais je vous remercie de m'avoir lu.


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